Les ruines du palais de Saint-Cloud
Les plus grandes oeuvres d'art furent sauvées : le bureau du roi, les commodes au chiffre de Marie-Antoinette, les meubles Boulle réintégrèrent le Garde-meuble. De même que les tapisseries inspirées de Rubens, petits meubles et sièges furent transportés au Palais de l'Elysée.

Le 21 septembre 1870, les prussiens envahissent le chateau. Les officiers s'installèrent dans le vestibule du fer à cheval.

Mais le plus grand danger qui menaçait le domaine était sa position entre ses tirs croisés, car les canons français installés au mont Valérien pouvaient toucher facilement les défenses prussiennes dans le parc.

Le 13 octobre, un obus tiré du mont Valérien toucha le palais, tombant dans la chambre de l'Empereur (jadis celle de Marie-Antoinette) et s'est là que se serait déclaré l'incendie. Les flammes se propagèrent de la chambre de Napoleon III jusqu'aux combles qui s'effondrèrent, ruinant à leur tour l'aile nord et les précieux décors de Mignard. L'incendie fit rage pendant deux jours. Le tableau de Muller suspendu dans l'escalier d'honneur, représentant la visite de la reine Victoria et du prince Albert, en 1855, à Saint-Cloud fut lui aussi brulé.

En 1881, l'Impératrice Eugénie demanda et obtint l'autorisation de se rendre en France. Elle pu revoir les lieux ou avait grandi son fils comme à Fontainebleau, ou Compiègne, accueillie avec émotion par de vieux serviteurs.

Mais la vision de Saint-Cloud affecta réellement la souveraine déchue. Elle écrira à la reine Victoria que l'ancien jardin de son fils lui semble un "petit cimetière de village abandonné".

Mais maintenant que faire de ces ruines... des commissions siègèrent officiellement pendant des années. En 1890, on décide d'un dérasement complet des ruines. On décourage d'ailleurs les nombreux artistes qui souhaitent s'aventure derrière les palissades pour dessiner, peindre, ou photographier l'ancien palais.

Les ruines tomberont en 1892 sous la pioche des démolisseurs. Le fronton de l'aile du fer à cheval a été remonté dans le parc de Jeurre (Essonne) et la famille Pozzo di Borgo, ennemi héréditaire des Bonaparte, ajouta à son chateau de La Punta, près d'Ajaccio les débris de Saint-Cloud à ceux des Tuileries.

Les ruines tomberont en 1892 sous la pioche des démolisseurs, laissant à jamais nue la colline de Saint-Cloud. Pourtant, le chateau fantome, à jamais englouti ne demande qu'à ressurgir, dans la poésie brumeuse d'une aube ou d'un crépuscule, au détour d'un bassin, au haut d'un escalier, derrière une futaie...

Revoir une dernière fois l'une des plus belles demeures de l'histoire de France, que le Second Empire avait magnifié et qui par la bétise des hommes et la tragique guerre de 1870 a réduit à l'état de cendres et de poussières.